Analyse | Un cessez-le-feu au-delà de Gaza
Après des mois d’impasse, les États-Unis mènent une poussée diplomatique en faveur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou vient d’effectuer sa troisième visite en six mois à la Maison-Blanche, au moment où des pourparlers indirects entre Israël et le Hamas se tiennent à Doha. Ce dialogue, chapeauté par le Qatar, l’Égypte et les États-Unis, avait été rompu en mars dernier lorsque la dernière trêve à Gaza avait volé en éclats. Le président Donald Trump, qui semble plus que jamais pressé de clore ce dossier, avait dit vendredi dernier s’attendre à un accord dans les 24 heures suivantes. Dimanche, il a baissé ses attentes, disant espérer la conclusion d’une entente Le président Donald Trump s'est mis en route vers Washington dimanche, à la veille d'une rencontre avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Au Qatar, entre-temps, des négociations indirectes ont repris entre le Hamas et l'État hébreu. Photo : Associated Press / Jacquelyn Martin Mais au-delà d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, ce que cherche le président Trump, c'est de parvenir à une entente régionale qui dépasserait les frontières de l’enclave palestinienne meurtrie par 21 mois de guerre. M. Trump souhaite notamment élargir les accords d’Abraham, ces accords de normalisation signés lors de son premier mandat, en 2020, entre Israël et plusieurs pays arabes, dont les Émirats arabes unis et Bahreïn. Trois nouveaux pays se trouvent désormais dans le viseur du président américain : la Syrie, le Liban et, surtout, l’Arabie saoudite. Le royaume sunnite, véritable poids lourd politique au Moyen-Orient, avait déjà montré un intérêt pour une normalisation des relations avec l’État hébreu, mais cette entente a toujours été conditionnée par la mise en place d’un processus qui ouvrirait la voie à la création d’un État palestinien. Le président américain Donald Trump en compagnie du prince héritier de l'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane. Photo : Reuters Deux semaines à peine avant l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le prince héritier Mohammed ben Salmane avait même dit, dans une rare entrevue accordée à la chaîne américaine Fox News, que son pays Aujourd’hui, une éventuelle entente entre Saoudiens et Israéliens semble de nouveau sur la table, mais la poursuite de la guerre à Gaza demeure un obstacle de taille pour Riyad. Selon plusieurs médias américains, dont Fox News et Axios, le président Trump a rencontré jeudi dernier le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, à la Maison-Blanche, quatre jours avant sa rencontre avec le premier ministre israélien. Les deux hommes auraient discuté des derniers développements régionaux au Moyen-Orient, notamment de la situation dans la bande de Gaza et en Iran. Le ministre saoudien de la Défense, qui est le frère cadet du prince héritier, a également rencontré l'envoyé américain au Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. Une personne dans la banlieue sud de Beyrouth tient une pancarte sur laquelle on peut lire en arabe : «Nous n'abandonnerons pas les armes». Photo : Getty Images / AFP/ANWAR AMRO Parallèlement, Washington veut également inclure le Liban dans ses calculs régionaux. D’ailleurs, la visite de M. Nétanyahou à Washington a coïncidé avec celle de l’émissaire américain pour le Liban, Tom Barrack, à Beyrouth. Ce dernier s’est montré lundi extrêmement positif à l’issue de sa rencontre avec les dirigeants libanais, se disant Plusieurs médias ont toutefois indiqué que les dirigeants libanais se sont engagés à ce que l'État détienne le monopole des armes partout au Liban. L’accord de cessez-le-feu survenu le 27 novembre dernier, qui a mis fin à l’offensive israélienne au Liban, stipule que le Hezbollah doit retirer toutes ses forces du Liban-Sud et démanteler toute infrastructure militaire dans cette région frontalière avec Israël. L'émissaire américain pour le Liban, Tom Barrack, lors de sa rencontre avec le premier ministre libanais Nawaf Salam, à Beyrouth, le 7 juillet 2025. Photo : Getty Images / AFP/IBRAHIM AMRO Lundi, l’émissaire américain a laissé entendre qu’un avenir était encore possible pour le Hezbollah au Liban, mais uniquement en tant que Les Américains invitent ainsi les Libanais à suivre l'exemple de la Syrie qui, selon M. Barrack, a déjà entamé un dialogue avec Israël en vue d’une normalisation des relations entre les deux pays. L’émissaire américain a par ailleurs averti le Liban qu'il serait La Syrie, qui est dirigée depuis décembre par une coalition islamiste ayant renversé le dictateur Bachar Al-Assad, reconnaît avoir entamé des négociations indirectes avec l’État hébreu visant à rétablir le calme le long de leur frontière. Ces négociations interviennent peu de temps après une rencontre-surprise entre le président Trump et le nouveau dirigeant de la Syrie, Ahmed Al-Charaa, en Arabie saoudite, et la levée par les États-Unis de certaines sanctions contre Damas. Israël, de son côté, se dit également ouvert à une normalisation de ses relations avec ses voisins libanais et syrien, même si, techniquement, les trois pays sont toujours en état de guerre, et ce, depuis la création de l’État hébreu en 1948.au cours de cette semaine
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se rapprochait tous les jours
d’un accord de normalisation avec Israël. Mais pour nous, la question palestinienne est très importante, avait-il ajouté. Nous devons résoudre ce problème.

incroyablement satisfait
par la réponse du Liban à l'exigence des États-Unis d'un désarmement du Hezbollah.Ce que le gouvernement [libanais] nous a donné était quelque chose de spectaculaire
, a-t-il encore dit, sans donner plus de détails sur le contenu de la réponse libanaise, affirmant tout simplement qu’elle a été mûrement considérée
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parti politique
et non pas comme milice armée. Dimanche, le chef du parti chiite pro-iranien, Naïm Qassem, a refusé de se plier aux exigences américaines, appelant Israël à mettre fin à ses frappes dans le pays et à retirer ses forces des zones qu’elles occupent encore.laissé de côté
s'il ne rejoignait pas le camp du changement
dans la région.
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